Chapitre 004 Serlena Keina

Nouvelle
mardi 19 avril 2005
par  Benoît
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Le jeune garçon tenait dans sa main sa vieille baguette de sorcier, usée et tordue en plusieurs endroits, rafistolée avec de la ficelle et du ruban adhésif. Il était plutôt essoufflé, il avait visiblement couru à travers toute l’école pour ramener son instrument rapidement.

« Bon, écoutez, Ambre, fit Serlena Keina, je ne vais pas pouvoir régler cela tout de suite avec vous. Vous voulez bien vous asseoir un instant pendant que je termine avec Monsieur Finelame ? »

Se tournant vers Samuel, elle poursuivit :

« Allez-y, montrez-moi vos capacités avec une baguette. Et tant que j’y pense, vous me ferez le plaisir de rêvetir une robe de sorcier digne de ce nom, et pas de simples vêtements moldus. »

L’étourdi n’avait toujours pas enfilé la robe de sorcier réglementaire et il portait encore des vêtements de Moldu, quoique usés eux aussi : une veste bleue et un pantalon blanc fatigué.

Sam rougit jusqu’à devenir écarlate. Il sentait son cœur battre la chamade et il avait l’impression que jamais il n’avait été aussi ridicule... et devant une fille, qui plus est ! Ambre devait bien se moquer de lui... et elle allait certainement raconter sa mésaventure à toute l’école... Décidément, la vie à Beauxbâtons était loin de s’annoncer de tout repos !
En bafouillant une excuse incompréhensible, le jeune garçon s’avança devant le bureau de la sous-directrice. Son cerveau semblait tourner à vide. Quel sortilège pouvait-il bien lancer pour parvenir à convaincre la sévère Serlena Keina qu’il était digne de tenter sa chance en cinquième année à Liwi ? Tétanisé par le stress, il n’arrivait pas à réfléchir... Puis, lentement, il se mit à passer en revu dans sa tête chacun des sorts qui lui avaient été utiles au cours de ses voyages. La liste était dramatiquement courte, certainement sans aucune mesure avec celle des élèves qui avaient à leur disponibilité une bibliothèque de l’envergure de celle de Beauxbâtons.
Les sorts utiles qui venaient à l’esprit de Samuel Finelame n’étaient pas de ceux qui pouvaient être utilisables dans le bureau de la sous-directrice. Lutter contre le froid, la faim, les Moldus ou les Mangemorts n’avait aucun sens dans ce havre de sécurité...
Finalement Sam prit une décision. Il se doutait que Madame Keina n’apprécierait que modérément mais il devait tenter sa chance.
D’un geste large et précis, il commença par faire décrire à sa vieille baguette usée quelques arabesques dans l’espace devant lui.

« Flambios » articula-t-il d’une voix claire, sur un ton au timbre plus aigue que sa voix habituelle.

La pointe de sa baguette se mit à créer derrière elle une fine ligne enflammée, dessinant des formes dans l’espace selon les mouvements de l’apprenti sorcier.
Fermant les yeux pour mieux se concentrer, Samuel se mit à murmurer une longue litanie qui semblait sans fin tout en continuant d’agiter doucement sa baguette mystérieusement, multipliant les étincelles flamboyantes.

« Très joli, fit la sous-directrice sur un ton légèrement moqueur, où l’ironie était à peine perceptible. Mais peu utile en cas d’attaque... À moins d’aimer le poulet rôti... »

Samuel serra les dents mais il voulait éviter à tout prix de se laisser déconcentrer par Madame Keina. Il tenta de réguler sa respiration et le trouble s’éloigna... Cependant rien d’autre ne se passa dans le petit bureau à part les serpentins déployés dans l’air par l’extrémité lumineuse de la baguette du jeune garçon...
Le temps s’écoulait lentement et Sam avait de plus en plus de difficulté à diriger son balai... Il se rendait compte que son projet de faire traverser toute l’école à son balai par sa seule concentration et ses sortilèges était un peu présomptueux : déplacer son balai était facile quand il le faisait en extérieur... ou même une fois, en forêt. Ici il naviguait à l’aveuglette dans des pièces et des couloirs qu’il n’avait visité que trois ou quatre fois en trois ans...
De grosses gouttes de transpiration commencèrent à couler sur les tempes du jeune garçon.
Loin dans l’école on entend soudain un fracas épouvantable.

Serlena Keina toussota légèrement, essayant de dissimuler son impatience. Elle surveillait Ambre du coin de l’œil, pour vérifier que la jeune fille ne s’ennuyait pas trop.
Ambre regardait calmement cette démonstration. Certes, le garçon avait encore beaucoup de progrès à faire mais ce n’était déjà pas mal. Faire venir un balais comme ça, à l’aveuglette était très bien, encore fallait-il que le balais arrive. Elle entendit le fracas qui retentit au loin. Un sourire apparut sur son visage mais s’effaça bien vite.

« Toc ! Toc ! Toc ! »

On frappa à la fenêtre du bureau...
Samuel Finelame semblait vraiment mal, on aurait dit qu’il allait perdre connaissance. Il continuait pourtant toujours à murmurer ce qui semblait être une formule magique, les yeux fermés.
La jeune fille manqua d’éclater de rire quand elle entendit les coups aux carreaux de la fenêtre mais elle garda son calme. Le balai était là, et on aurait même dit qu’il attendait sagement qu’on lui ouvre pour passer et aller vers son possésseur. Ambre attendit une réaction de Samuel ou de la directrice ajointe.
Observant la fenêtre calmement, sans montrer aucun signe d’émotion, Serlena se dirigea vers la croisée, qu’elle ouvrit pour faire entrer le balai. Elle se tourna ensuite vers Samuel.

« Démonstration plutôt concluante, Monsieur Finelame. J’espère que votre balai a pris directement la voie des airs pour venir ici et qu’il n’a pas fait le tour de tout le château avant... Mais je pense que cela suffira pour vous faire entrer en cinquième année. Vous avez une bonne maîtrise des sortilèges d’attraction, et cela peut toujours s’avérer utile. »

Samuel n’avait pas entendu le verdict optimiste de la sous-directrice.
À peine son vieux balai était-il entré par la haute fenêtre du bureau qu’il s’effondrait sur le sol, sans connaissance.
Au même instant le balai, privé de la concentration de son propriétaire, tomba sur le bureau, au milieu des dossiers en cours. Un vieux drap à moitié déchiré et roulé en boule était accroché sur son manche... et les étoffes se mirent à bouger légèrement... quelques instant plus tard le museau d’un adorable petit lapin blanc apparut et renifla calmement son lieu d’atterrissage, comme sorti du chapeau d’un magicien.
Ambre fut stupéfaite, elle se leva et attrapa le lapin avant de se pencher sur Samuel.

« Je crois qu’il a demandé trop d’énergie pour faire venir ce balai mais ce lapin... Euh... Je ne sais pas d’où il provient. »

Elle regarda une nouvelle fois la directrice sans vraiment savoir quoi faire.
La sous-directrice se pencha vivement sur Samuel, le souleva puis le déposa sur le canapé qui trônait dans un coin.

« Je pense que ce lapin est tout simplement celui de Monsieur Finelame, laissa-t-elle échapper dans un grognement. Quelle idée stupide d’user toute son énergie avec ce sort ! Pourquoi ne pas en avoir utilisé un plus simple ? »

Elle se détourna vers son immense cage et verre et en retira délicatement un papillon aux couleurs mordorées. Elle lui chuchota un message pour Dora Durozier, l’infirmière de l’école avant de l’envoyer par la fenêtre restée ouverte.
La jeune fille fut surprise. Qui était Dora ? Elle venait seulement d’arriver et n’avait pas encore fait connaissance de l’infirmière un peu excentrique. Et à quoi servaient ces papillons ? Elle arrêta de se questionner et regarda le lapin, ne sachant pas trop quoi en faire, elle l’attrapa et le caressa. Mais elle n’allait pas garder ce lapin dans ses bras toute sa vie. Elle s’assit et le garda sur ses genoux attendant la venue de cette femme se nommant Dora.
Le petit lapin, ravi des caresses que lui prodiguait la jeune sorcière, fermait les yeux pour mieux apprécier le moment. On pourrait presque l’entendre ronronner de plaisir. Il penche ses longues oreilles en arrière et se laisse tranquillement chouchouter...

La porte du bureau s’ouvrit soudain d’un coup de pied la et une petite femme souriante entra en criant :

« Tadam ! C’est moi, Dora ! »

Elle s’inclina devant Serlena.

« Que dois-je faire ? » demanda-t-elle à la sous-directrice.

Elle regarda le garçon inconscient.

« Je dois ramasser ça ? »
« Hum... Oui, Dora, lui répondit Madame Keina. Vous devez ramener Samuel à l’infirmerie. Il a eu une petite perte de connaissance en voulant pratiquer un sortilège un peu trop puissant. Vous pouvez nous le revigorer un petit peu, s’il vous plait ? »

Ambre caressait la lapin et ouvrit de grands yeux en voyant l’infirmière. Elle se demanda si elle était vraiment infirmière. La jeune fille ne se posa pas trop de questions mais elle se demanda quand même ce qu’elle allait faire du lapin. Elle avait déjà son loup blanc, Escalua, il n’allait sûrement pas apprécier la compagnie du lapin blanc. Elle le gardera jusqu’à ce que Samuel aille mieux mais qui sait s’il ne sera pas dans l’estomac de son loup d’ici là. Ambre regarda l’infirmière une nouvelle fois et un sourire apparut sur son visage. Au moins quelqu’un qui adorait la vie. Elle attendit patiemment de voir la suite des évènements.
Comme s’il craignait que la jeune fille ne l’abandonne, le petit lapin blanc se blottit plus encore contre elle. Il posa ses pattes avant sur la poitrine d’Ambre pour venir lui chatouiller le cou avec ses moustaches frémissantes et son petit nez rose qui reniflait doucement, adorable.
L’animal semblait prêt à sympathiser !

Pendant ce temps Dora mit Samuel sur son dos :

« Ouf ! Il est lourd, le p’tit gars ! »

Et elle s’éloigna rapidement dant le couloir en direction de son infirmerie.
Serlena secoua la tête en regardant Dora partir avec Samuel, espérant qu’elle ne provoque pas une nouvelle catastrophe. Puis elle se tourna vers Ambre et aperçut le lapin.

« Ah... Je vois que l’animal de compagnie de monsieur Finelame semble vous apprécier... Je peux compter sur vous pour le lui ramener à l’infirmerie, une fois que nous aurons réglé votre problème ? »

Ambre sourit en voyant le lapin qui commençait à l’escalader.

« Oh ! Oui, bien sûr ! »
« D’ailleurs, si je le garde j’en connais un qui ne va pas apprécier » pensa-t-elle.

Elle continua de caresser le lapin.


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