Un voyage sans encombres

Journal d’Iris - partie du 28/07/2010
jeudi 29 juillet 2010
par  GIOM
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La première journée du voyage s’est passée sans incidents. Au réveil, la caravane s’apprête à partir quand Ecuménas, mon fidèle garde du corps, m’annonce que les autres Élus ne sont toujours pas revenus au campement.

Comme à chaque crépuscule, je me réveille brusquement, régulée par cette horloge interne invisible. Kallicé à mes côtés, vient elle aussi d’ouvrir les yeux. Dehors le camp semble commencer à s’animer.

J’ouvre l’épaisse protection du chariot et constate avec satisfaction qu’Ecuménas s’affaire à donner les directives pour que la caravane soit prête à se remettre en marche le plus rapidement possible. Les mortels semblent d’ailleurs s’être mis en branle depuis déjà un petit moment car les animaux de bas sont déjà presque tous chargés.

Ecuménas me fait un signe de tête en guise de salut. Jamais un mot inutile. Depuis plus d’un siècle que je le connais j’ai eu le temps d’apprécier le fait qu’il soit un compagnon de route peu bavard.

Charmant "petit-déjeuner"Je parcours le campement jusqu’à trouver le jeune chamelier que j’avais repéré la veille. Un sourire, quelques mots doux et nous nous sommes éloignés dans un endroit discret.

Un baiser, pas plus, éteignant d’un sourire son désir d’aller plus loin.
Un peu de vitæ pour étancher la petite soif du réveil, pas la peine de gaspiller.

Je reviens vers le centre de la caravane où tout le monde est maintenant prêt pour le départ. Kallicé me rejoint, rassasiée également.

Ecuménas revient me voir. Son regard est explicite.

- Pas de nouvelle des autres Elus, ma Dame. Doit-on les attendre ?

Une excellente question. Les attendre trop longtemps ralentira notre protection et je n’ai aucune envie de rester trop longtemps à portée du territoire des garous. Mais si nous venions à être attaqués, leur aide ne sera pas inutile. Je ne sais pas ce que vaut la Dæva mais Aoyuntaï sait se battre et Cush, vu sa carrure et la quantité d’armes qu’il porte, devrait aussi être capable de se débrouiller.

Kallicé, Ecuménas et moi décidons de prendre quatre soldats pour aller voir tandis que la caravane commence à avancer. Mais à peine nous apprêtons-nous à nous diriger vers la grotte qu’ils ont choisie pour la nuit que le trio arrive.

Aoyuntaï nous raconte qu’ils ont été importunés pendant la nuit. Ashani, qui s’avère nous avoir accompagné discrètement, a blessé de ses deux dagues l’un des indiscrets et sa dague en argent aurait fait bouillir le sang de sa victime. Un garou très probablement.

La discussion s’engage. La caravane est-elle en danger ? Aoyuntaï propose de mettre en place une diversion ou fausse piste et de faire croire aux garous que nous avons pénétré leur territoire tandis que nous nous éloignons. Pour que le subterfuge soit efficace, lui et Cush, désigné volontaire également, devraient transporter un peu de notre sang. Mais cette fausse piste ne risque-t-elle pas de rendre plus agressif que nécessaire nos ennemis ? Je regarde Kallicé qui connaît mieux leur peuple que moi.

Finalement décision est prise d’avancer sans perdre de temps et sans appliquer de diversion.

Un orage pas naturel

Durant la nuit un orage impressionnant se déclenche. Il ne faut pas longtemps pour voir qu’il est très certainement surnaturel. La lune est pleine et une sorte de vortex de nuages noirs se dessine au-dessus de la forêt. Une scène qui me rappelle une triste nuit, un peu plus d’un siècle plus tôt. La nuit où Hector, galvanisé par mon discours, avait stupidement décidé de défier Achille en combat singulier...

Des hurlements de garous retentissent au loin. Cush, qui semble comprendre en partie leur langage, explique qu’ils se regroupent pour des palabres au sujet de la lune. Ils ne seraient donc pas directement en chasse après nous. C’est déjà ça.

Mais hors de question de prendre le risque de revoir une nuit comme celle du duel un siècle plus tôt. Je tente de galvaniser les mortels pour faire avancer au plus vite malgré la pluie battante qui rend glissante chaque pierre de cette montagne. Météra se propose d’utiliser sa Puissance pour aider à faire avancer le chariot. Elle aussi peut finalement s’avérer utile.

Les ruines d'un ancien village nous serviront d'abriEn fin de nuit nous arrivons dans les ruines d’une ancienne petite ville. Un abri sûr et agréable pour les mortels comme les immortels, surtout que la pluie n’a de cesse de tomber.

Au crépuscule suivant, l’un des deux guides de la caravane nous informe que la zone est réputée pour héberger des brigands. Plutôt que de nous inquiéter, nous voyons là une occasion de nous nourrir sans prélever dans la caravane. Nous explorons donc les ruines et à défaut de trouver de quoi boire, je découvre un trésor probablement amassé par des bandits. Chaque non-vivant se sert et je fais charger un maximum de richesses dans la caravane. De quoi, je l’espère, rembourser les frais du trajet et acquérir une nouvelle habitation digne de ce nom dans Babylone. À la suggestion de Kallicé, j’invite aussi chacun des mortels à remplir ses poches en guise de récompense exceptionnelle.

Au moment de partir Météra me demande si elle peut se rassasier sur les mortels de la caravane. Elle a après tout aider la veille à pousser le chariot qui peinait à avancer sous la pluie battante. J’accepte de lui rendre ce service.

Un village-étape paisible

Après quelques heures de marche se dessine un village non loin de la forêt sur notre trajet. L’orage s’est tu et il ne pleut plus.

Nous approchons du village fermé par une palissade en bois et je demande si la caravane peut y entrer. Le garde au-dessus de la porte refuse d’ouvrir de nuit et nous conseille de nous installer et d’attendre l’aube.

Nous n’avons pas grand chose à y gagner et Kallicé craint que ce village ne soit le lien entre les garous et la civilisation. Je décide donc de poursuivre notre route, tandis que Cush, Aoyuntaï et Météra franchissent la palissade pour se repaitre sur place.

Maintenant que la forêt s’éloigne, nous avons pris la décision d’avancer y compris de jour, autant que possible. Vu notre rythme, nos trois compagnons, quatre si l’on compte l’invisible Asshâni, n’auront aucun mal à rattraper le peu d’avance que nous prendrons en journée.

La caravane avance maintenant de jour

La nuit suivante, Météra nous rejoint seule. Elle explique que Cush a nourri son étrange chien qui a vaincu un énorme lion dans la journée. Du coup, Aoyuntaï est resté avec lui pour faire diversion et permettre à Cush de se nourrir plus facilement dans le village sur ses gardes. Décidément, Aoyuntaï semble être un adepte des diversions.

Après deux incidents en trois nuits, Météra aimerait pouvoir être hébergée dans le chariot, prévu pour deux personnes. Je refuse par principe mais devant son insistance, j’accepte donc presque à contrecœur. Cela fait donc le deuxième service conséquent que me doit Météra. Espérons qu’elle s’en souvienne… sinon je me chargerai de le lui rappeler.

Plus tard dans la nuit, Cush nous rejoint enfin… mais seul. Aoyuntaï a parfaitement réussi sa diversion mais plutôt que de fuir il a préféré combattre. La prudence n’est pas son fort.

Nous continuons cependant d’avancer, Cush ne semblait pas s’inquiéter, pas de raisons donc pour que nous ralentissions ou retournions en arrière.

Mais peu avant l’aube, quand Aoyuntaï nous rejoint enfin, les traces du combat acharné qu’il a mené sont visibles sur son corps. Il nous explique avoir mis en fuite trois guerriers du village et autant de chiens. Ses blessures sont telles que je préfère éviter qu’il soit vu debout dans cet état par les mortels de la caravane.

La nuit suivante, prenant pitié de son état, j’accepte qu’il se nourrice un peu sur la caravane. Mais sans abuser car il est impératif que le rythme de marche ne ralentisse pas. Pour éviter que les mortels ne le voient dans cet état, et puisqu’il refuse que je lui serve de « ravitaillement intermédiaire », Aoyuntaï propose d’endormir deux caravaniers à l’aide d’une potion qu’il a concoctée. Les deux mortels dormiront donc quelques heures pendant une des pauses et Aoyuntaï en profitera pour se rassasier discrètement, sans que personne ne s’aperçoive de rien.

Une fois de plus, je rends service à mon prochain. Espérons que ces excès de générosité gratuite me soient profitables par la suite.

Les portes de Babylone s'ouvrent devant nousLe reste du trajet, comme les premières nuit, se passe sans encombre et les portes de Babylone s’ouvrent enfin devant nous. Les remparts affichent les stigmates visibles de la bataille qui a fait plier la grande cité de Babylone face à Assur. Impressionnant d’ailleurs qu’une cité si imposante soit ainsi tombée aux mains des Assyriens.

La nuit n’est qu’à moitié avancée et nous cherchons à nous orienter dans l’immense cité pour nous présenter au prince local, dont nous ne savons finalement pas grand-chose. Kallicé et moi avons chargé Ecuménas et l’apprentie pythie de nous trouver une auberge sûre pour la journée prochaine.
Nos pas nous conduisent au palais, ou plutôt sur la grande place face à lui. L’immense palais est encore en travaux et a été déserté. Il n’y a plus ni prince, ni roi, ni seigneur local mortel autre que les chefs de guerre assyriens qui siègent dans une autre partie de la ville.

Le chien de Cush renifle des odeurs qu’il ne connaît pas et qu’il considère comme dangereuses et méchantes, à l’intérieur même du palais. Cush décide aussitôt d’aller voir mais nous le convainquons d’éviter de prendre des risques inutiles : d’abord nous présenter au Prince et en apprendre sur la cité et ses us et coutumes, avant de foncer nous attirer des ennuis.

Le palais ne semblant pas abriter un Elysée, nous nous dirigeons vers la bibliothèque. Le bâtiment qui héberge le savoir de la cité est d’une taille imposante. Ses portes sont évidemment fermées en pleine nuit mais qui sait… Je me présente au garde devant l’entrée et lui demande de me laisser entrer. Le garde me demande un laissez-passer. Preuve que si le bâtiment est fermé officiellement la nuit, d’autres ont l’habitude d’y entrer. J’use donc de mes talents pour le convaincre d’ouvrir la porte et de nous laisser entrer.

A l’intérieur, le chien de Cush parvient à sentir l’odeur d’autres Elus. Bientôt l’un d’eux apparaît dans l’immense hall d’entrée de la bibliothèque. Il s’agit d’un Sage, dont le physique est celui d’un Egyptien d’à peine 15 ans.
Nous nous présentons et il nous indique que le Prince, un Daeva, préside depuis sa propre villa située sur les hauteurs de la ville.

La nuit est déjà bien avancée et nous décidons de reporter la visite à la nuit suivante. L’auberge nous attend pour la journée à venir.


- Conteur :

  • Benoît

- PJ présents :


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