Interphone Story

mardi 5 janvier 2010
par  Benoît
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Ce matin j’étais fatigué. Une longue veillée (boulot, jeu de rôle, web, séance home cinema nocturne, du genre qui fait râler mon voisin, qui cogne contre le mur à 3H du matin au cœur de la scène phare du film...) un longue veillée et un réveil difficile, non pas via mon réveil, très logiquement réglé sur 11H15, horaire tout à fait convenable pour les gens qui ont le privilège coûteux de ne pas bosser le vendredi matin. Un réveil par l’horrible buzz de mon interphone. C’est terrible l’interphone.

Bon, j’ai donc logiquement émergé de mon coma béat. Je ne sais plus de quoi je rêvais, je ne sais jamais de quoi je rêve une fois réveillé, enfin sauf
deux ou trois cauchemars d’enfance qui m’ont marqué ou seulement dans les cinq secondes qui suivent le réveil... et cinq secondes dans un état second c’est généralement trop peu pour noter les événements passionnant que je viens de quitter sur un carnet... ou à plus forte raison sur le Bloc-Notes de Windows, même si le PC est généralement assez près de mon nez au petit matin, ronronnant comme un mulet repus de "Mo", avalés pendant mon sommeil.

Je me suis levé pour aller ouvrir à mon copain M, vu que ça devait être lui, censé passer sa dernière épreuve de partiel de maîtrise dans la matinée. Je mets "M" parce que "M" n’aime pas trop qu’on le cite sur Internet alors bon je respecte ça. "M", donc. Et si c’est bien M qui est en bas je n’ai pas moyen d’en avoir la preuve, parce que quand je décroche le combiné de l’interphone, c’est aussi silencieux que, heu, je sais pas moi, qu’est-ce que qui est vachement silencieux ? Enfin, vous voyez le genre. Donc pas de bruit. Un peu consterné, je presse le bouton d’ouverture de la porte de l’immeuble, trois étages plus bas. Bzz. Re-Bzz. Apparemment, pas de réaction, et l’interphone retentit d’une seconde sonnerie, tout aussi désagréable que la première. D’accord, là je suis réveillé, mais d’un autre côté je suis à environ 27 centimètres de cette machine infernale, alors forcément... Vous ai-je déjà dit que la sonnerie de l’interphone de mon voisin m’avait déjà plusieurs fois réveillé à l’aube ? (Cruel voisin... se vengerait-il quelque part de mes soirées cinéma ? le coquin...)

Bon, pas de son, quand je parle dans le combiné ça ne répond pas et la porte en bas reste obstinément close malgré le bouton enfoncé d’un pouce un peu agressif (mais bon c’est vrai, quoi, je me réveille à peine moi...)

Il est temps de prendre une décision rapide. Si je ne réagis pas assez vite, mon ami risque de me croire absent, me dis-je dans mon esprit encore embué de sommeil.

Bref, la décision ne tarde pas à fuser, se faufilant subtilement entre deux neurones palpitants : je vais devoir descendre dans le hall pour ouvrir manuellement cette satanée porte d’entrée, trois étages plus bas, l’ai-je déjà précisé ?

Bon, seulement, là, je suis pas excessivement présentable, puisque je viens d’être tiré, sans pitié, de mon lit douillet. Ceux qui m’ont déjà vu au réveil depuis que j’ai coupé mon catogan savent que je ressemble vaguement à M (pas mon ami, le chanteur avec une coupe de cheveux bizarre et des paroles étranges sur une musique endiablée et sympathique). Enfin, juste la coiffure, je n’irais pas jusqu’à avoir l’audace de me comparer à une célébrité, quoique vous puissiez penser de M (toujours le chanteur). Enfin, une tête de déterré façon Shawn Of The Dead, les pieds nus et en pyjama, c’est embêtant pour traverser les 3 étages de mon immeuble à une heure qui finalement n’est peut-être pas si proche des aurores, même si je n’ai pas encore eu le trait de génie inutile mais pratique de regarder mon réveil...

L’indice, c’est les rayons de soleil qui passent à travers les persiennes en plastique de mon unique fenêtre sans rideaux (on est célibataire ou on ne l’est pas), des rayons qui éclairent pas mal la pièce, en fait, vu que je n’ai même pas eu besoin d’allumer la lumière. Enfin, bon je me suis quand même cogné à la table dans l’obscurité mais ça, ça arrive tout le temps le jeudi matin quand j’oublie de ranger la table la veille une fois la partie de Star Wars terminée (le jeu de rôle). C’est normal. Et puis vu que l’interrupteur de la pièce est à côté de la porte d’entrée - et par conséquent de l’interphone - allumer une fois les obstacles franchis devient complètement inutile, si vous voyez ce que je veux dire.

Bon, donc il faut descendre. Mes idées s’éclaircissent lentement, à mesure que mes yeux s’habituent à la lumière tamisée de mon appartement en désordre (peut-il être autrement qu’en désordre ? Je ne sais pas. Je ne sais plus.

J’aurais du prendre des photos, y’a trois ans...) J’aperçois quelques vêtements - jetés en tas sur un dossier de chaise, mais bon on va pas tout détailler non plus, sinon on n’est pas sorti et je vais me taper la honte... Bref, je m’habille prestement pour pouvoir descendre à la rencontre de mon ami, que j’imagine s’impatientant dehors. D’ailleurs d’après le bruit, on dirait qu’il pleut, dans la rue. Pas le temps de vérifier de toute façon. Hop, me voilà équipé. J’ouvre la porte pour sortir et je me précipite dans le couloir - je précise, même si ça n’a pas vraiment d’utilité scénaristique, que j’ai pris le temps de chausser mes vieilles pantoufles presque trouées tellement elles sont usées.

Je descends les trois étages qui me séparent du hall et ho ! surprise étonnante, M m’attend dehors, derrière la porte vitrée de l’immeuble. Et en plus, il pleut ! (Je le savais.)

On n’a plus qu’à remonter pour que je vous raconte comment je suis redescendu 3 autres fois dans l’après-midi pour aller chercher mes joueurs de la partie des Secrets de la Septième Mer (le jeu de rôle)...

Ou alors une autre fois ?


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