Ou comment écrire une histoire d’amour

mardi 5 janvier 2010
par  Benoît
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Certains le savent déjà, en ce moment j’écris un roman. Mon premier, en fait. J’ai déjà écrit un certain nombre de trucs assez volumineux – dont une campagne de jeu de rôle qui connaît son petit succès (bin quoi, c’est mon blog, je dis ce que je veux, si je veux me faire mousser un peu !) ou quelques écrits d’adolescent qui ne méritent pas vraiment de voir un jour la lumière du soleil (en d’autres termes ça reste au fond de mes cartons).

Un roman, c’est autre chose. Une nouvelle, c’est simple : on a une bonne idée, on la met par écrit et le tour est joué. 20 pages parviennent généralement à faire le tour de la question. Un roman, c’est un travail de longue haleine. On rencontre des tas de difficultés nouvelles, on connaît les vieilles pannes sèches où plus rien ne sort, les moments sans inspiration où ça sort mais y’a rien à garder, c’est terrible. Alors on se relit, on perfectionne ce qui est déjà sur le papier, des fois on se dit qu’il faudrait tout refaire sans savoir comment le refaire…

Ma petite difficulté récente, c’est un passage assez épineux où le jeune héros de mon histoire doit révéler à la fille qui fait vibrer son cœur les sentiments qu’il éprouve pour elle. J’ai écrit d’innombrables dialogues entre les deux protagonistes sans arriver à trouver le ton juste. D’ailleurs dans la « vraie » vie, c’est un moment assez compliqué à gérer également, enfin en tout cas c’est mon cas. Et certaines demoiselles pourraient le confirmer si elles lisaient ce blog niché au creux des milliards de pages du web non référencées…

Bref, j’ai retourné le problème dans tous les sens sans vraiment trouver de solution satisfaisante. Pourtant mon personnage a un avantage assez intéressant : comme c’est moi le scénariste, je sais que l’élue de son cœur partage ses sentiments. Une information dont on ne dispose généralement pas vraiment dans la réalité – sauf quand on arrive à utiliser quelques agents de renseignements par-ci par-là histoire de pas s’aventurer en terrain inconnu ou quand les signaux envoyés sont sans équivoques, ce qui n’est pas le cas dans cette histoire.

Finalement j’ai décidé de jouer sur le caractère des personnages. L’hésitation mutuelle les fait avancer l’un vers l’autre sans oser engager la fameuse discussion. Ils avancent millimètre par millimètre, imperceptiblement, mais ils avancent. Pour finalement se toucher, se rencontrer, sans pour autant s’avouer que leur rêve, finalement, a déjà pris corps puisqu’ils sont ensemble avant même d’avoir compris comment.

J’espère que j’arriverai à rendre crédible ce genre de situation complexe. C’est une attitude que je trouve plus intéressante que l’approche frontale – non pas parce qu’elle obtient de meilleurs résultats (à mon avis rien de vaut une bonne mise au point orale pour éviter de se méprendre sur les sentiments de l’autre… et sur les siens) mais parce qu’elle a une apparence plus sensible, plus fragile. Évidemment, d’aucuns diront que je n’ai pas vraiment choisi la solution de facilité. Moi quand je vois le nombre de brouillons que j’ai déchiré pour mettre au point cette situation, je n’en suis pas si sûr…

Le personnage a conquit sa belle, il me reste à conquérir mes lecteurs.


Commentaires  forum ferme

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vendredi 16 août 2013 à 11h04 - par  christine

L’écriture d’un roman est un long processus. Personnellement je ne me qualifierais pas de grande lectrice mais j’adore la lecture et je trouve vraiment fascinant que les écrivains puissent créer des mondes et des personnages imaginaires qui sortent de l’ordinaire.
Je ne pense pas que je pourrais un jour me glisser dans la peau d’un auteur, même en tant qu’amateur. Je me pose toujours la question sur la/les source(s) d’inspiration des écrivains... OK une idée qui surgit, un début d’histoire, une idée sur la personnalité des principaux personnages MAIS comment tenir en haleine le lecteur pour l’inciter à dévorer le livre ? Je comprends que chaque écrivain a son propre processus d’écriture mais cela m’intrigue. Je me dit mais comment font-ils pour perpétuellement être inspirés ?! Chapeau bas en tous cas à tous les écrivains... J’espère que la génération actuelle et les generations futures apprécieront vos romans. Je vous souhaite sincèrement une bonne continuation !

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