Un Scoop sur les autobus

mardi 5 janvier 2010
par  Benoît
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Cette semaine, j’ai appris une chose que je n’aurais pas imaginée. Une chose banale, sans aucun intérêt. Je me suis dis que ça pourrait t’intéresser, ami lecteur.

Les conducteurs de bus n’ont pas le droit d’utiliser la marche arrière.
En tout cas, à Nantes.

Formidable, non ?

J’étais allé donner un cours particulier de français à un élève qui entre en 1ère, à Vertou, dans la banlieue nantaise. J’ai donc pris un bus pour y aller. Pour la petite histoire, il pleuvait à seaux, j’avais mon blue jeans trempé.
Au retour, le bus (un grand, avec un accordéon au milieu et tout) s’est retrouvé coincé dans une vilaine situation. Un carrefour étroit, il faut tourner à gauche de 90° et voilà-ti pas qu’un gros camion (lui aussi avec une sacrée rallonge en remorque, une espèce de rouleau de fil électrique assez imposant en plus de son arrière-train habituel) se met dans l’idée de tourner lui aussi pour s’engager dans la voie d’où nous arrivons. Évidemment, tu t’en doutes, ça allait coincer. Le conducteur de l’autobus, déjà à demi engagé en plein milieu du carrefour, bloque la circulation. Le conducteur du camion, déjà engagé aussi, se retrouve coincé puisqu’il devait faire un large arc de cercle au milieu du carrefour pour permettre à son arrière-train de passer sans raboter le mur bordant la route du côté de son véhicule.

La situation bien bloquée comme elle l’était, le camionneur ouvre sa portière et hèle le conducteur de mon bus, lui demandant de reculer.

Et là, quelle n’est pas ma surprise d’entendre l’argument irréfutable de notre homme : « On n’a pas le droit, pas le droit de reculer. On ne peut pas faire marche arrière, c’est interdit par le règlement. »

Le camionneur hausse un sourcil, se gratte la tête et regarde le conducteur du bus d’un air bizarre. Il doit se dire que l’autre se moque de lui, que ce règlement est complètement crétin et qu’il est en train de perdre un temps précieux à cause d’un sinistre incompétent.

Mais fort de son droit, mon conducteur ne bouge pas, forçant son adversaire à se soumettre. Certainement en grommelant (la forte pluie et les vitres hermétiques ne me permettant pas d’entendre à l’extérieur), le conducteur du camion à rallonge remonte dans son habitacle et entame une marche arrière.

Un bonhomme, jalli de je ne sus où, se plaça au milieu de la rue, juste sous ma vitre, pour aider l’infortuné camionneur à se déplacer dans cet espace étroit.

J’ai pu admirer son adresse à la manœuvre, après avoir reculé, il entama une nouvelle approche impeccable pour faufiler son imposante machine entre le bord de la route et celui du mon autobus, qui commençait à accumuler un retard certain. Une petite marche arrière pour stabiliser sa remorque dans l’allignement voulu, et l’interminable camion disparut par là d’où nous venions. Le bus a redémarré et nous sommes repartis, sains et sauf.

Quelle aventure !


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