Combat sur le front

Loodwik
vendredi 18 novembre 2005
par  Benoît
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C’était le temps des sacrifices. Les mondes tombaient les uns après les autres depuis des mois et les Révolutionnaires de Bankhra continuaient la lutte dans des conditions épouvantables.

Loodwik était arrivé sur Maploy dans son chasseur spatial en forçant le blocus planétaire imposé par la flotte de l’Empereur. Au sol, les bunkers sautaient les uns après les autres dans des gerbes de flammes tandis que les hordes de Grognards avançaient irrésistiblement à travers les plaines.

Le haut commandement de la Révolution de Maploy avait été détruit plusieurs jours auparavant. Aussi la mission de Loodwik était-elle entre autres, de remettre un semblant d’ordre parmi les survivants.

Les discours enflammés n’avaient jamais été son fort. Depuis qu’il s’était jeté à corps perdu dans la bataille, il avait participé par les actions plutôt que par les mots, laissant aux politiciens le soin d’utiliser les victoires dans leur propre combat.

Le hangar souterrain où son chasseur s’était posé était sombre et enfumé, on sentait une odeur d’essence et de métal rouillé. Quelques autochtones s’étaient rapidement approchés pour l’aider à sortir. Les Maployens étaient petits et courtauds, plutôt massifs en raison de la gravité très élevée de leur monde. Écrasé par ce poids nouveau, Loodwik s’appuya sur les nouveaux venus pour s’extraire de ton cockpit glacé par le froid de l’espace. La coque, encore fumante de le chaleur accumulée lors de la descente effrénée depuis l’orbite au milieu des défenses de l’Empire, faisait des bruits de craquements, comme une banquise en train de fondre au printemps.

« Où se trouve votre chef ? » demanda Loodwik, impatient de se mettre à l’œuvre.

On lui répondit qu’il n’y en avait pas. Dehors, l’écho sourd d’un bombardement faisait vibrer le plafond du hangar. Un peu de poussière tombait en pluie sur le petit groupe de révolutionnaires.

« Très bien, fit-il. Vous savez qui je suis ? »

On lui signifia avec déférence qu’évidemment, nul n’ignorait son identité et la nature de ses exploits. Avec beaucoup de précautions, on le conduisit à travers un couloir métallique jusqu’à une salle de contrôle aux parois bardées d’écrans lumineux. C’était sans doute l’une des dernières consoles tactiques de la planète à être encore sous le contrôle de la Révolution.

Avec les gestes rapides d’un militaire roué aux usages de la guerre, Loodwik donna quelques ordres pour mettre les autres au travail. Ils se hâtèrent d’exécuter ses directives, visiblement soulagés que quelqu’un prenne enfin les choses en main.

Après quelques analyses, il s’avéra aux yeux du jeune héros que la situation était encore plus catastrophique que prévue. La planète n’était plus tenable et une évacuation était pour ainsi dire impossible vu la densité de défenses installées par les forces de l’Empire.
Ses doigts jouèrent un moment sur les touches d’un clavier pour compulser quelques données locales. Selon les rapports les plus récents, des Grognards quadrillaient le secteur depuis le matin. Ils ne tarderaient plus à être là.

Tendant l’oreille, Loodwik s’aperçut que le bombardement avait cessé. C’était plus que certainement le signal, les troupes de l’Empire allaient entrer en scène !

« Armez-vous, tous. Les Grognards approchent. »

Sans mots inutiles, il réussit à coordonner une petite résistance et les Maployens se mirent en position pour défendre le hangar au niveau de la trappe principale. Il expliqua rapidement aux autochtones que les armes énergétiques étaient inutiles sur les armures des soldats de l’Empereur, qui étaient dôtées d’un puissant écran déflecteur. Pour les vaincre, il fallait user d’armes blanches, de ces anciens artefacts que seul un mouvement précis et appuyé pouvait transformer en arme mortelle pour un Grognard, forant lentement leurs défenses énergétiques.

Tout à coup, un choc sourd résonna dans toute la salle souterraine. Quelque chose d’énorme cognait derrière la trappe d’accès, lentement, puissamment. Après quelques minutes angoissantes, les mains serrées sur la garde de son épée, Lodwik commença à voir la porte plier, et finalement, s’effondrer.

Des formes sombres s’animaient derrière les débris. Et soudain, des rayons d’énergie strièrent l’espace entre les deux camps. Les Grognards ouvraient le feu.

Bien protégés derrière leurs barricades, les Maployens tirent bon. Loodwik serra les dents en voyant quelques uns de ses compagnons pousser des hurlements de douleurs, les chairs brûlées par les rayons mortels des sinistres Grognards.

Enfin, l’ennemi comprit qu’il ne pourrait prendre la place qu’en avançant plus avant. Les soldats de l’Empereur s’approchèrent et passèrent par la brèche, un à un.

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Un Grognard
(Sardaukar de Dune vu par Moebius)

C’était des individus effrayants, gigantesques, engoncés dans de terribles armures métalliques scintillantes ornées du symbole de l’Empereur, la Flamme d’Hilès. Leurs bras étaient composés de plusieurs types d’armes, ils étaient capables de les utiliser toutes simultanément.

Sans hésiter, Loodwik se jeta par-dessus la barricade et en deux esquive, heurta d’un coup d’épaule un Grognard avant qu’il n’ait eu le temps d’ajuster son tir. Dans le même mouvement, il pointa son épée sur l’armure. Celle-ci crépitant quand la lame tenta de s’enfoncer... Looddwik força. La pointe s’enfonça. Le Grognard, au fond de son armure, poussa un cri. Il était mort.

D’un geste brutal, il retira la lame vermeille qui coulissa contre le métal scintillant de l’armure. Sans attendre il se tourna vers un nouvel adversaire. Il fallait empêcher à tout prix que les Grognards parviennent à investir en nombre le hangar, sans quoi ils étaient perdus.

Les résistants se défendaient âprement mais aucun n’égalait, et de loin, les talents d’escrimeur du jeune Loodwik, qui décimait un à un, sans faiblir, tous les Grognards qui s’aventuraient dans le hangar. Quelques uns parvenaient à le dépasser alors qu’il était occupé à affronter un autre adversaire... et peu à peu, la salle s’emplit du fracas des armes. Protégés par leurs armures puissantes, les Grognards ne craignait pas d’aller au contact pour terrasser les Maployens, qui avaient de plus en plus de mal à résister.

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Bacchir, l’pe de Loodwik

Le combat sembla durer des heures. Les défenseurs tombaient malgré les efforts du héros qui tenait bon au milieu d’un monceau de corps.

Le jour commença à poindre quand les Grognards décidèrent d’arrêter l’attaque. Le calme revint brutalement après un dernier coup d’épée.

Loodwik tourna la tête, comptant ses camarades. Ils n’étaient plus que deux, qui le regardaient, les yeux emplis d’une admiration sans borne pour le formidable guerrier qui avait tenu le siège toute la nuit sans faiblir.

« Il faut partir » fit laconiquement le jeune homme, entraînant les deux autres derrière lui.

Le chasseur spatial était toujours là, rangé dans un angle de la salle. Quelques corps ensanglantés étaient empêtrés dans les patins du train d’atterrissage, il s’affaira un moment pour les dégager.

« Nous n’aurons jamais la place pour monter à trois là-dedans » fit remarquer l’un des deux survivants.

C’était une jeune Maployenne aux traits fins malgré la lourdeur des traits de sa race.

« Nous ne monterons pas à trois, répondit Loodwik.
- Mais alors... vous... qui ?... Non...
- Il n’y a pas d’autre choix. Montez. »

Loodwik souleva l’autre survivant, qui était blessé à la jambe. Il l’installa sur le siège de l’artilleur. L’homme se sangla en grimaçant. L’autre regardait le héros, comme si elle ne comprenait pas encore la décision qu’il venait de prendre pour eux.

« Tu vas piloter mon chasseur pour vous tirer de là, lui expliqua-t-il. Il reste une poche de révolutionnaires dans le secteur Nord. Si vous tenez trois jours de plus, les renforts viendront vous tirer d’affaire. Tenez trois jours. »

Et sans attendre une réponse, Loodwik se retourna pour se diriger vers la brèche ouverte par les Grognards en essuyant la lame de son épée.

Il semblait lui murmurer quelques mots...

« Nous avons encore du travail, Bacchir... »


Quelques histoires firent de Loodwik une légende vivante chez les révolutionnaires de Bankhra. Celle-ci est l’une des plus célèbres. La femme qui pilotait le chasseur était Edma Shaan, celle qui deviendrait quelques années plus tard la directrice sectorielle de Concordia. L’homme était son mari, Mundo Shaan, futur général révolutionnaire et héros de la libération de Maploy.


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