Une longue journée

récit de Nebty, un peu dépassé par les évènements
dimanche 18 décembre 2011
par  Sophie Conteuse
popularité : 93%

Voilà plusieurs jours que ma maîtresse et ses compagnons enquêtent sur le temple d’Apis, jusqu’à l’attaque sauvage de la nuit dernière. D’après ce que je comprends, ce qu’elle cherche n’est plus dans cette ville, mais en route vers Thèbes.

Je ne suis pas tranquille.
Depuis le début, Thèbes semble être le lieu le plus dangereux de tout le pays. Et nous voilà sur le point d’y aller. Kami et Kama, les deux servantes guerrières, ne semblent pas plus émues que ça.
Elles font leurs bagages, et filent acheter des chevaux. Je fais de même, et au bout de quelques heures, nous voilà fins prêts à partir.
La petite fille avec les jumelles, les chevaux, tout est prêt.

Avant de partir, ma maîtresse accompagne la Grecque Kallicé et Khet-Raneh, le vieil égyptien chez leur prince, pour annoncer leur départ. Nous voilà seuls avec Asshâni, qui piaffe sur Im’dir. Je préfère me tenir à distance de ces deux là. Je n’aime pas leur regard.

Les minutes passent… et les trois morts-vivants ne sont toujours pas là.

Asshâni s’impatiente quand arrive soudain Bastet. Elle s’arrête devant lui, ils semblent se comprendre… Asshâni, visiblement énervé, ordonne à ses servantes de s’éloigner.
Je me rapproche de l’une d’elles :
« Mais qu’est-ce qui se passe ?
- Le maître a dit se d’éloigner. Les autres sans souffle sont retenus par leur Prince, et il va tenter de faire diversion ».
Nous attendons.

Pas longtemps.

Quelques minutes plus tard, des cris d’alerte retentissent, un bruit de bataille, et je vois réapparaître Kallicé. Dans les ruelles, ma maîtresse et Khet-Raneh tentent de semer les gardes qui les poursuivent, puis tous nous rejoignent « Nous partons ! Tout de suite ! »

Nous quittons la ville au galop, alors que derrière nous la ville s’embrase.

La nuit suivante, ma maîtresse sort de terre, avec ses compagnons, pour se livrer à leur chasse macabre…
La petite fille est de plus en plus énervée, elle pleure, hurle, veut partir… Ma maitresse lui cloue le bec mais cela ne tiendra pas longtemps. Et moi, j’ai un peu épuisé mes tours et mes histoires pour la distraire.

La nuit suivante, les morts vivants ont choisi de se cacher dans un cimetière, non loin d’un village.

La petite Améa pleure de plus belle devant la momie sur laquelle, le plus tranquillement du monde, les non-vivants s’entassent pour leur sommeil du jour.

Ils nous confient la petite, nous donnent de l’argent pour passer la journée au village. Ma maîtresse s’enfonce dans la terre, et aux premiers rayons du soleil, c’est le silence complet dans les tombes.

Nous voilà, comme chaque journée, entre nous. Les jumelles Kami et Kama prennent la petite avec elles, et nous partons vers le village.
Un des gardes nous voit arriver d’un œil intrigué
« Qui va là ?
- Nous avons voyagé longtemps, nous demandons l’hospitalité pour la journée.
- C’est pas net, votre histoire, les deux, là-bas, elles sont armées !
- Mais nous avons été attaqués ! Nous avons voyagé toute la nuit pour nous enfuir… La petite a besoin de se laver et de dormir… Amenez-nous à l’auberge et nous vous paierons
- Y’a pas d’auberge, ici… (Le garde hésite). Bon, venez par là. »

Nous traversons le village qui s’éveille, on nous scrute… Le garde nous emmène devant une petite maison et frappe
« Hé ! La vieille, y’a du monde pour toi ! »

Une vieille femme édentée nous ouvre, et nous fait entrer, et nous demande de l’argent pour la journée.
« Tu veux un bonbon au miel, ma petite ? »

Améa n’est pas rassurée… Nous l’emmenons se laver au bord du Nil (village de sauvages… même pas un baquet pour prendre un bain…à ce prix là !) et bientôt, sur la paille, le serviteur du vieillard ronfle à faire tomber les murs.
Les jumelles sont restées dehors pour monter la garde ; je vais me promener sur la place du village.

Je sors de mon sac quelques balles et me mets à jongler, quelques minutes plus tard j’ai une nuée de gamins autour de moi. Ca faisait si longtemps ! Je retrouve mes anciens tours, quel bonheur ! Améa doit être ravie ! Je me redresse et la cherche du regard.
Améa ?

Où est-elle passée ?

« Améa !! »
Les gamins se dispersent, et je cours dans le village en criant « Améa !! » Je file réveiller les jumelles et le terrassier du vieillard pour la chercher ; dans la terre quelques traces qui filent vers le fleuve.

Nous filons vers le Nil. Les traces de la fillette s’arrêtent là.

Elle n’a quand même pas nagé… Mais après tout, tous ces gens sont tellement étranges, dotés de pouvoirs… Cela ne m’étonnerait qu’à moitié que cette gamine se soit transformée en poisson.

Les jumelles sont terrifiées « Si le maître apprend ça, nous sommes mortes ! Et vous avec ! »
Nous redoublons nos recherches… Une des jumelles vole une barque pour aller voir sur l’autre rive.
Les villageois la poursuivent en hurlant « Au voleur ! », je plonge pour les chercher.
Le fleuve est large… Pour passer le temps, je jette les filets et chantonne.
Les deux filles se mettent à trembler comme des feuilles.
« Fuyons ! Traversons le fleuve et fuyons ! Le maitre n’est pas encore réveillé, nous avons le temps ! »

Je tente de les raisonner… Ma maîtresse va le retenir, la Grecque aussi… La mort dans l’âme, elles se laissent convaincre.
Nous retraversons le fleuve.
Les villageois retrouvent leur barque pleine de poissons, et se calment un peu. Mais pour ce qui est de rester discrets, c’est raté.
« J’ai dû leur acheter la barque, ronchonne Akhor, et l’autre brute creuse depuis des heures… Vous avez retrouvé la petite ? »

Je secoue la tête. Le soleil va bientôt se coucher.
Les jumelles se tordent les mains, puis leur vient une idée.
« Il faut empêcher notre maître de se réveiller, sinon, nous sommes tous morts ! Nous d’abord, vous après, même vos maîtres ne vous protègeront pas ! »
Elles connaissent bien leur maître, je l’ai vu un peu à l’oeuvre et ça m’a suffit... Je n’en mène pas large.

Nous retournons vers les cachettes de nos maîtres. Le serviteur du vieillard ouvre le tombeau où Asshâni repose.
Il prend un morceau de bois, une grande inspiration et enfonce le pieu dans le cœur du mort vivant.

Il était temps. Les derniers rayons du soleil disparaissent et les autres se réveillent.

Devant le corps inerte de leur compagnon, ma maîtresse et la Grecque dégainent leurs armes, mais je me jette à leurs pieds
« Maîtresse ! Non ! Attendez ! On va vous expliquer ! »

Les trois morts vivants écoutent. Ils discutent un moment entre eux : faut-il libérer leur compagnon ? Ils semblent craindre sa colère, presque autant que nous.

Les jumelles respirent à peine. Je me tiens à l’écart de ma maîtresse, qui a retrouvé son chat. Étrange bête…
Kallicé file vers le fleuve, où l’attend Akhor.

Quant à nous… Nous restons près du cadavre, plutôt soulagés que les morts vivants aient décidé de ne pas le réveiller.
Mais jusqu’à quand ?


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dimanche 18 décembre 2011 à 19h40 - par  Sophie Conteuse

Et de deux...

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