Soutenance de maîtrise

Les Mondes Imaginaires
lundi 21 mars 2005
par  Benoît
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La soutenance du mémoire a eu lieu le mardi 11 septembre 2001 (petite pensée pour les victime du tristement célèbre attentat) à 16H30 à l’ICES (La Roche sur Yon, Vendée). Le jury était composé de M. le Professeur Claudon de l’Université de Rouen et de Mme Zwicky, docteur ès Lettres et directeur de mémoire. Le mémoire sur Les Mondes Imaginaires de Benoît Cherel a finalement été noté 15/20, soit la Mention Bien. Voici, d’après souvenirs et notes, la prise de parole de la soutenance (les étudiants qui achèvent leur soutenance devraient y trouver des pistes de préparation.)

Plan
- Introduction
- Choix du sujet
- Difficulté 1 choix des œuvres
- Difficulté 2 traduction
- Difficulté 3 bibliothèques
- Difficulté 4 Internet
- Bilan

Bonjour Mme Zwicky, M. le Professeur... Nous allons parler des Mondes Imaginaires et je vais vous exposer les différentes étapes de la réalisation de mon mémoire, les difficultés que j’ai rencontré et le bilan que je peux tirer de cette année de recherches.

Tout d’abord ma démarche dans le choix d’un sujet. La science-fiction est un genre littéraire qui m’a toujours passionné et que j’explore en tant que lecteur depuis l’enfance. Les univers imaginaires sont un domaine que j’apprécie particulièrement et que j’ai déjà eu l’occasion d’étudier en-dehors de mes études littéraires. Le sujet s’est donc imposé de lui-même.

Il fallait cependant montrer dans ce sujet qu’il existe un genre littéraire qui décrit des mondes à travers des romans ou des cycles de romans. J’ai donc commencé par montrer comment définir ces romans par rapport à la science-fiction et aux autres genres auxquels ils se rapportent : fantastique, merveilleux, contes, récits mythologiques... Ensuite je me suis penché sur le contenu des œuvres elles-mêmes pour les disséquer, montrer comment le monde décrit prend vie à travers l’outil de l’écriture.

Mais finalement le plus important était de mettre en évidence que ces œuvres possèdent une portée qui va au-delà du ludique, de la littéraure de détente, en mettant à jour les influences, les volontés des auteurs et le lien étroit entre la fonction du mythe dans la société par rapport aux lieux imaginaires. Cette nouvelle littérature répond donc à un besoin de réflexion sur le monde d’aujourd’hui.

Cette prise de position, il fallait la prouver, la défendre à partir d’œuvres significatives.

Ma première difficulté a donc été le choix des œuvres à étudier.

Comme on peut le voir dans la bibliographie, les romans décrivant des mondes imaginaires ne manquent pas. Il fallait choisir les plus représentatifs. Les deux romans anglophones se sont rapidement imposés : Dune est le premier roman dit de “hard science-fiction” qui décrit un monde dans sa totalité, allant jusqu’aux détails de l’écologie par exemple.

The Lord Of The Rings est le roman fondateur du genre “heroic-fantasy”, ou « médiéval-fantastique », un certain renouveau du roman de chevalerie du moyen-âge. L’œuvre de Tolkien reste aujourd’hui la référence en tant que monde littéraire autonome. Concernant le troisième texte, il fallait un auteur français pour mettre en évidence le point de vue francophone sur ce thème largement exploité par la littérature anglo-saxonne. Au sein de la science-fiction, j’aime à définir l’œuvre de Barjavel comme une anticipation poétique, développant un style personnel clairement différent de l’écriture incisive de Herbert ou des phrases amples de Tolkien. Avec une telle variété je pouvait démontrer que le monde imaginaire était indépendant du style de l’œuvre qui le décrit.

Une fois les trois œuvres déterminées, j’ai été confronté à l’épineux problème de la traduction.

J’avais déjà lu en version française les deux textes anglo-saxons mais une relecture plus littéraire s’imposait, accompagnée d’une prise de note rigoureuse et d’une découverte de la version originale. Mon premier constat fut de trouver des variations notables entre les deux versions, anglaise et française. Le style avait changé. J’ai relevé dans Dune plusieurs contresens, dans The Lord Of The Ring quelques traductions douteuses. Les elfes partis vers un autre continent, autrement dit un autre monde, étaient vus par le traducteur comme étant morts, par exemple.

Nouvel obstacle : en commençant mes recherches, j’ai rapidement constaté que les bibliothèques universitaires, notamment celle de mon établissement, possédaient encore très peu d’ouvrages critiques traitant de romans de science-fiction et je n’ai d’abord trouvé que des travaux généralistes comme des encyclopédies de symboles ou des historiques du genre. Des ouvrages qui n’approfondissaient pas les thèmes qu’ils définissaient cependant souvent clairement. Après ce premier débroussaillage, le problème fut rapidement résolu en accédant à d’autres établissements plus importants comme l’université d’Angers ou des bibliothèques spécialisées dans ce genre littéraire.

Internet m’a surpris par la multitude de sites sur le thème des mondes imagiaires et les trois auteurs possèdent chacun des centaines sinon des milliers de sites sur leurs romans. Cependant ceux qui analysent en détail le contenu, avec la rigueur littéraire qui était indispensable à mon travail, sont beaucoup moins nombreux. Un tri fastidieux a donc été nécessaire pour finalement trouver quelques sites de qualité qui sont indiqués dans ma bibliographie.

Ce tâche de recherche m’a permis d’organiser un travail très volumineux et à sécuriser mes documents informatiques après une mauvaise surprise au mois de décembre qui m’a fait perdre beaucoup de temps. J’ai choisi une présentation aérée et colorée avec de nombreuses illustrations pour mettre en valeur l’aspect « découverte d’univers » de mon texte. Quant à l’écriture, elle m’a demandé de le rigueur et m’a permis de trouver mon rythme est une plus grande assurance.

Mon bilan personnel est très position et je tire de grands bénéfices de cette année de travail de recherche que j’ai beaucoup apprécié. J’ai pu, en plongeant dans les ouvrages qui décrivent et expliquent les romans, enrichir mes propres lectures.

Mon mémoire est volontairement construit comme une sorte de « défrichement ». J’ai voulu expliquer que la science-fiction est un genre littéraire riche en thèmes, encore jeune mais qui se rapproche de la littérature romanesque traditionnelle par de nombreux aspects. La science-fiction mérite mieux que ce qu’elle a aujourd’hui et j’espère que la lecture de mon travail éclaircira un peu ce domaine méconnu.

Je vous remercie.


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- Mémoire


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