Inhumanité et rédemption

Réflexions au fond d’une morgue
mercredi 12 octobre 2011
par  kiraen
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Les évènements des dernières nuits plongent Khet Raneh dans un état méditatif.

Dans ce refuge improvisé, au cœur de la morgue du temple d’Amon, alors que j’ai repoussé la torpeur diurne qui s’abat comme un couperet sur les monstres de la nuit. Les évènements et les conversations de la journée occupent mon attention. Ce sont les paroles d’Asshanî qui surtout me plongent dans des abimes de réflexion. L’ancien Mekhet âgé de plusieurs siècles est un monstre, mais plus étonnant encore il assume son inhumanité. Est-ce la clé mon destin, céder au monstre qui s’agite en moi ?

Humain je n’ai jamais été particulièrement vertueux, la cupidité, la peur, l’envie, la colère ont été mes compagnes. J’ai été un lâche, un personnage efface détournant les yeux des conflits, menant ma vie sans ambition en tachant de ménager les susceptibilités de mes supérieurs et en passant mes frustrations sur mes subordonnés. D’aussi loin que je me souvienne la mort de Djâni a fait de moi un fantôme. Seule l’approche de ma fin m’a poussé à changer, a vouloir accumuler les richesses mortuaires. Je me justifiais en déclarant dans mon fort intérieur que c’était pour lui offrir la vie qu’elle aurait dû avoir quand nous nous retrouverions. Mais je sais aujourd’hui que cela aussi était un pieux mensonge. J’avais peur.

Et aujourd’hui que suis-je devenu ? Un monstre chargé de dévorer les âmes des morts, un juge pour les mortels comme je me plais à le déclarer à Asshanî ? Mais plus le temps passe et moins j’y crois. Je sens en moi le bruissement d’une présence nouvelle, le sang lui-même semble se charger de sens et de présence comme il me traverse, comme si des dizaines de scarabées vivaient sous ma peau. Vais-je peu à peu perdre le lien avec l’humain ou est-ce que cette transformation est une seconde chance ?

Si j’avais subi la pesée des coeurs, j’aurai sans aucun doute régalé la Grande Dévoreuse.. Et voici que mon existence peut se prolonger aussi longtemps que je volerai leur vie aux mortels en buvant leur sang. Je ne comprends pas ce que les dieux veulent me dire et je ne peux pas vraiment aller consulter un prêtre pour avoir une réponse. A vrai dire je ne sais vraiment que faire de cette éternité. Construire mon tombeau n’a plus vraiment de sens, et les injugés n’ont pas vraiment besoin d’un embaumeur...

Les Usiris semblent apprécier ma présence peut être devrai-je me joindre à leur tâche héroïque, mais mon sire n’appartient pas leur lignée. Je ne pourrai leur apporter qu’un soutient symbolique. Notep se perd dans l’étude de ses secrets et parchemins ésotérique mais ne semble pas vouloir partager ses connaissances avec moi pour le moment. Morpheus le Chef des Usiris me semble de précieux conseil peut être devrai-je le consulter. Prenons par exemple l’affaire qui nous occupait aujourd’hui : d’après lui, nous ne devrions pas chercher les restes d’Akhenaton, le pharaon maudit, dans les écrits du passé mais plutôt dans les rapports du présent. Renseignements pris auprès de contacts de longue date, pilleur de tombe est devenu une profession dangereuse. Des rumeurs d’expéditions disparues, des maladies soudaines ou même de malédictions circulent dans les milieux informés. On parle aussi de tombes anciennes retrouvées dans le désert. Visiblement certains personnages puissants recherchent des fragments momifiés dispersés dans tout le pays. D’après mes contacts, il y a à Tanis un contrebandier impliqué dans ce trafic. On le nomme Mout, le vautour ou plutôt le nom de la déesse vautour protectrice de la Haute-Égypte.

Ayant partagé mes informations avec mes nouveaux compagnons, nous décidons de rendre visite au vautour dans une taverne mal famée de la ville, un endroit et un quartier que je me suis mis à fréquenter assidument ces dernières années. Sur place la foule humaine me met mal à l’aise, je porte un manteau fermé dont la capuche dissimule mon visage qui s’assèche de jour en jour malgré les soins que je lui apporte et qui me coutent une fortune en onguents et épices. J’ai l’impression qu’ils contemplent horrifiés mon apparence contrefaite, que mon inhumanité leur saute à la gorge. Un Importun monopolise le vautour pour une affaire minable. Dès l’or échangé entre les deux participants je tente d’interrompre la discussion mais l’importun m’envoie sur les roses. Frustré mais gardant mon calme, j’attends qu’il ait fini ses imbécilités médiocres. Mais l’idiot me prend à partie dans la salle commune, faisant appel aux pouvoirs que mon sang m’offre aujourd’hui je lui colle une bonne frayeur.

La discussion avec le voleur est fructueuse, la femme accepte de nommer son commanditaire en échange d’une coquette somme d’or mais rien de particulièrement extravagant. Nous convenons donc d’un rendez vous pour le lendemain soir.

La nuit étant fort avancée nous restons en ville, c’est pourquoi je me retrouve ici dans cette morgue vide alors que le soleil brille à son Zenith et que le moindre de ses rayons brulerait cruellement ce qui reste de moi.

***

Le lendemain soir nous nous retrouvons donc a la maison de la goulue dans le territoire de chasse alloué à la délégation grecque par Pharaon. Kalicée n’est pas là mais a accepté semble-t-il de financer en grande partie l’achat de l’information convoitée. Par soucis d’équité, pour des raisons diplomatiques, je fourni aussi une partie de ce que nous devons payer.

La rencontre avec le vautour se révèle relativement cordiale même si la réaction plutôt violente d’Asshanî a la mention du commanditaire manque de faire s’embraser la salle. Il semble que l’acheteur soit un homme accompagné d’une petite fille, qui se fait appeler "celui qui n’a pas de nom" et surnommé l’atlante. Asshanî et la goulue l’ont déjà rencontre sur la côte, et grâce cette fois ci à leurs informations, nous nous précipitons, après avoir payé le vautour, vers le caravane-sérail pour y glaner des renseignements sur l’étranger. Malheureusement on nous dit qu’on ne l’a pas vu depuis plus d’un an, mais un marchand me révèle qu’il cherchait a rencontrer Pharaon. Nous partons donc pour le palais.

Sur place pendant qu’Asshanî discute avec notre seigneur, je retrouve Notep, mon sire, qui me dit lui aussi n’avoir jamais entendu parlé de l’atlante. Nous discutons un peu de ma condition, et il fini par me confier un papyrus concernant la ligue à laquelle il appartient. Pendant ce temps le d’autres vampires cherchent des informations qui auprès des officiels, qui auprès des animaux. Finalement une chose est sûre : l’atlante n’a pas rencontré Pharaon et personne ne se souvient de lui. Il semble n’être jamais parvenu jusqu’au palais.

Pourtant Asshanî remarque que le chambellan du pharaon a l’air nerveux, et dés qu’il quitte son service il demande à le rencontrer. Dans un premier temps son remplaçant lui barre l’accès mais après une discussion appuyée il accepte de nous escorter à ses quartiers en présence de deux gardes. Sur place nous trouvons le chambellan Lopeth en train de préparer précipitamment ses valises. Bien entendu les gardes s’opposent à une intervention musclée d’Asshanî, mais grâce aux remarques persuasives de la goulue et de votre serviteur ils se laissent convaincre. Lopeth nous apprend rapidement qu’il a vu l’étranger, l’atlante au palais il y a de nombreuses nuits de ça. Mais l’homme n’est jamais parvenu jusqu’à Pharaon, il a été pris dans une embuscade par des hommes en noir.

Peu satisfaits de son récit nous le convainquons de nous emmener sur les lieux de l’incident, et de nous confier ses réserves d’or pour qu’il ne s’échappe pas. Une fois arrivé sur place, les vampires étrangers dévoilent enfin la vrai mesure de leur puissance. Kalicée semble communier avec l’esprit des lieux et nous décrit la scène. Un combat épique s’est déroule sur place et la mort de l’homme s’est accompagnée d’une explosion ce puissance, la foudre primordiale s’échappant de son corps. D’après Notep l’homme contenait une grande puissance magique en son sein.

À son tour Asshanî réalise à son tour des prodiges. Il appelle les ombres qui forment une coquille impénétrable autour de lui, au sein de laquelle il arrive à communiquer avec un spectre,une âme errante. À la stupeur de tous, l’âme dit avoir été maudite par l’atlante, atlante qui semble être la fillette accompagnant le fils de la foudre.

Mais le jour approchant encore une fois nous faisons retraite dans nos refuges.

Je profite encore du jour et de ma jeunesse pour étudier le papyrus de Notep. C’est une véritable révélation. Je ne retranscrirai pas ici les secrets de la Kabbale ou plutôt le maigre aperçu que j’ai pu en avoir, mais pour la première fois depuis mon étreinte l’avenir me semble clair et prometteur. Trouver une place en ce monde est possible. Elle se résume en un seul mot : Golconde. Un long chemin m’attend, qui me prendra peut-être des siècles si je peux survivre jusque-là. J’ai choisi de suivre la voie de la création, et cette ligue de de rait m’y conduire.

Les nuits à venir s’annoncent passionnantes, en aidant les étrangers dans leur quête qui ne peut que profiter à l’Égypte à long terme ce sont mes propres projets qui avancent. Asshanî m’a déjà parlé de son infante, je dois m’entretenir avec elle avec cette singulière foi des hébreux.


Commentaires  forum ferme

Logo de Asshâni
jeudi 13 octobre 2011 à 01h37 - par  Asshâni

Joli Résumé ! bien illustré et bien tourné.
Il est vrai que mon perso est un peu sombre, et mauvais aux yeux des gens normaux, mais il est devenu ainsi par sa soif de pouvoir et surtout parcequ’il pense qu’il faudra énormément de puissance afin de venir à bout d’Uta, il faut combattre le feu par le feu.

Ça peut être très intéressant dans les choix du groupe, Keth Raneh s’engage (semble t il) sur une voie plus sage de respect de l’humain, la goulue trace sa route mais commence quand a elle a devenir de plus en plus animale (pas bestiale hein !) Kallicé retourne sa veste quand ca lui chante (sauf devant Pharaon ;D ) et le dernier larron ne veut plus s’embarrasser de détails futiles comme négocier, ou discuter.
Bref Keth apporte un éclairage intéressant à la chronique, et au groupe, et s’intègre bien au final, tout en promettant de fortes parties de rigolades !

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